Axes de travail

Envisager l’espace scénique au-delà d’une pure fonctionnalité, sans narration immédiate. Concevoir et façonner la scénographie aux abords des procédures de travail liées aux arts plastiques. Déployer un rapport stratifié au sens dont les signifiants se meuvent et se recomposent sous la pression du texte, du geste et de la représentation.

"Bénédicte Jolys propose un travail scénographique très éloigné de la notion de décor, plus proche d'une installation plastique autonome,
où les matériaux, les couleurs et les objets s'offrent d'abord à la vue pour former un univers vibrant, non identifié, visuellement excitant,
mais qui ne raconte pas encore d'histoire.
C'est dans la mise en jeu et dans l'articulation avec les différents corps scéniques (texte, lumière, son etc) que vont se révéler, alternativement,
les différents sens de la scénographie, les fonctions des objets, leurs ambivalences.
Pas de Deus ex machina ni d'apparition imposante : ce qui apparaît était déjà là et prend vie sous les formes que le spectacle lui donne,
dans un rapport à l'environnement qui est avant tout dynamique, en évolution.
La scénographie n'est donc pas seulement un contexte, mais une architecture souple qui s'offre sous forme de propositions aux interprètes,
et à laquelle les interprètes donnent du sens par les rapports qu'ils inventent avec elle."
Alexis Fichet

Quelques pistes . . .

Polysémie : Objet/espace sans narration immédiate, plaçant le spectateur dans un rapport d'inquiétude au sens, puis se chargeant de significations variées au cour de la représentation (modification par la lumière, le son, le texte, les actions...) sans que l'aspect visuel ne soit forcément modifié

 

Dispositif : Principe d’organisation spatiale qui détermine de manière essentielle et spécifique le fonctionnement, les actions, échanges et relations entre les différents corps scéniques.

 

Objets - Répétition/Accumulation : Type d’organisation qui fait de l’objet un générique qui perd son identité «quotidienne» et dont le statut bascule à redéfinir l’espace de la scène. L’objet n’est plus envisagé dans son usage habituel-utilitaire mais aussi pour ses aspects formels. Certaines conditions favorisent ce dernier point; la répétition du même objet ou la cohabitation dans l’accumulation avec d’autres objets.

 

L’interprète active la scénographie : L’interprète est un sujet actif et dynamique appelé à intervenir dans la construction de l’espace. Faire de l’espace un lieu ouvert, appropriable, où chaque élément peut-être remis en question, transformé, déplacé, détourné par l’acteur.

 

Corps et objet : Activation conjointe des corps scéniques; objet et corps de l’acteur. L’acteur active l’objet, en réponse l’objet se modifie par la présence de l’acteur et génère pour lui des comportements.

 

Module : Elément participant à la constitution d’un ensemble, c’est une unité de base, un élément simple caractéristique d’une structure répétitive. Le module a comme capacité de développer un langage propre puisqu’il existe en tant que donnée basée sur des formes géométriques simples. Il n’est pas directement lié à un processus subjectif. Il est à appréhender dans un rapport de surface, de volume, de plein, de vide, de matière, de transparence et d’opacité. Il n’existe que dans la composition d’un agencement avec un autre, hors tout rapport hiérarchique. Il se répète à l’infini.

 

In situ : L’agencement scénographique est déterminé par la topographie, les caractéristiques propres de l’architecture du lieu. L’installation peut cependant garder son autonomie et se réadapter à d’autres lieux. Elle peut être également indissociable de l’architecture initiale et n’exister que par celle-ci.

 

 

 

 

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